L’apprentissage par le service comme outil de transformation sociale contre les violences faites aux femmes

Nom du partenaire
  • Plateforme unitaire contre les violences faites aux femmes
  • Institut Joan Salvat Papasseit
  • Ajuntament de Barcelona/ Barcelona Solidària
Rôle
  • Porteur du projet
  • Porteur du projet
  • Financier
Nom de l'établissement / organisation
Plateforme unitaire contre les violences faites aux femmes
Personne contact
Maritza Buitrago Rave, Programme « Brisons le silence »
Courriel
trenquemelsilenci@violenciadegenere.org
Adresse
Rambla Santa Mònica, 10, 1ª planta
08002 Barcelone
Espagne
Site du projet
http://www.violenciadegenere.org/pcvg/index.php?option=com_content&view=article&...
Date de démarrage et durée du projet
01/09/2014 - 30/04/2015
Niveau d'enseignement
  • Collège
Nombre d'élèvres, d'enseignants et personnel de l'établissement concernés
Le projet a compté sur la participation de 46 élèves, 5 professeurs et 2 techniciens de la plate-forme unitaire contre les violences faites aux femmes. 200 personnes en ont bénéficiées de forme indirecte.
Thèmes
Culture de paix, Genre
Disciplines
Autre, Sciences
Préciser le cadre du déroulement du projet

Il s’agit d’un projet curriculaire compris au programme des différentes matières impliquées. Nonobstant, il s’est déroulé fondamentalement lors des séances de tutorat et dans le cadre de la citoyenneté et parfois, certaines activités ont été réalisées lors des autres matières impliquées.

Objectifs pédagogiques

- Offrir des moyens et des outils co-éducatifs aux professeurs de mathématiques, sciences sociales, sciences expérimentales, musique et éducation civique, qui participent volontairement au projet.
- Analyser avec les professeurs, les matériaux curriculaires pour créer des propositions concrètes pour le travail co-éducatif en cours, liées à des sujets comme l’élimination des stéréotypes, l’analyse de la représentation inégale entre les hommes et les femmes dans les livres de cours ou l’évaluation de tout cela associée au monde féminin, en incorporant la vision et l’expérience des femmes dans les démarches curriculaires.
- Fournir aux élèves les outils cognitifs pour comprendre les causes de la violence faite aux femmes.
- Définir et identifier les différentes formes de violence faite aux femmes et analyser la construction sociale du genre, l’attribution des rôles de genre déterminés pour chaque sexe et comment cela donne lieu à des inégalités et finalement à la violence.
- Créer de nouveaux espaces d’interaction entre les élèves, qui permettront de détecter, réfléchir et remettre en question les rôles de genre, les stéréotypes, les conduites sexistes et ouvrir des espaces pour donner du pouvoir aux femmes et construire une nouvelle masculinité.

 

Comment le projet est-il né ? A quels besoins répond-il ?

En Espagne, une femme meurt tous les cinq jours, assassinée par son conjoint ou ex-conjoint. Deux millions de femmes environ sont victimes occasionnelles ou habituelles de la violence sexiste, mais seules sept mille d’entre elles sont reconnues comme telle. 12,3 % de femmes âgées de 18 à 29 ans et 14,5 % âgées de 30 à 44 ans sont maltraitées. Selon les données de la macro enquête de l’Institut de la femme de 2006, les femmes maltraitées, selon le niveau d’études sont réparties comme suit : 3 % de femmes analphabètes, 14,6 % de femmes ayant le Bac et 10,7 % de femmes avec des études supérieures.

Malgré les progrès obtenus en matière d’égalité des droits, force est de constater que nous continuons à appliquer, d’un point de vue patriarcal, les paramètres d’une société structurée à partir du déséquilibre des relations entre les femmes et les hommes. Les femmes sont victimes de nombreuses formes de violence, économique, sociale ou de guerre, sans oublier la violence sexiste qui selon le Conseil de l’Europe concerne entre 20 et 50 % des femmes en Europe. C’est pourquoi, en se basant sur le caractère social de la violence faite aux femmes, la plate-forme unitaire contre les violences faites aux femmes travaille depuis 12 ans pour regrouper toutes les personnes qui veulent lutter contre la violence faite aux femmes, avec différentes approches.

Le lycée Joan Salvat-Papasseit, situé dans le quartier de la Barceloneta, a voulu développer une expérience pilote d’apprentissage et service, en travaillant sur les valeurs qui favorisent les stéréotypes et rôles des genres. Ainsi, l’établissement et l’association ont commencé à développer ensemble le projet « L’apprentissage service comme outil de transformation sociale contre les violences faites aux femmes ». 

Résumé

Il s’agit d’un projet pilote qui utilise l’apprentissage service* pour travailler en classe sur les thèmes des violences faites aux femmes.
Avec ce projet, l’élève acquiert des outils pour détecter la violence sexiste, identifie certaines causes des comportements liés à la violence faite aux femmes et comprend que cette violence n’est pas un fait isolé et qu’elle est liée à différents aspects de la vie quotidienne.

Le projet est développé en différentes phases : 
1.La plate-forme unitaire contre les violences faites aux femmes offre aux professeurs des outils pour pouvoir incorporer la perspective de genre au cours. Nous travaillons ainsi sur la conception et la réalisation d’unités d’apprentissage avec des contenus liés à l'inégalité qui génère la violence faite aux femmes.
2.Les élèves reçoivent les contenus des domaines curriculaires impliqués dans le projet et participent aux ateliers de formation réalisés par l’association, en vue de provoquer la réflexion sur les causes structurelles de la violence, sa répercussion sur les vies quotidiennes et les stratégies pour changer cette réalité. Les activités proposées aident les élèves à renforcer la capacité de travail en équipe et les habilités communicatives, créatives et solidaires nécessaires pour mettre en marche le projet.
3.Après avoir travaillé sur les apprentissages en classe, les élèves sont prêts à développer le service, qui consiste à penser, concevoir, et réaliser un acte de sensibilisation contre la violence faite aux femmes dans le quartier de la Barceloneta, à l’occasion du 8 mars. C’est dans cette phase que les contenus relatifs au genre sont introduits dans la pratique.
4.Pour organiser l’acte de sensibilisation, des commissions, des groupes de travail et une équipe d’élèves-journalistes qui collecte des informations (graphiques et écrites) de tout le processus et de l’acte de la campagne sont mis en place.
5.Le service développé par l’élève est un acte de sensibilisation contre la violence faite aux femmes : Faisons entendre notre voix ! Nous avons tous la clé contre la violence faites aux femmes.
L’acte aura lieu le 10 mars, dans le cadre de la programmation des femmes du mois (mars 2015) du quartier de Ciutat Vella de la mairie de Barcelone. Les organismes collaborateurs sont les suivants : le centre civique et d’autres établissements scolaires du quartier, la Table ronde en faveur de l'égalité des genres de la Barceloneta et des associations du quartier. L’acte compte sur la participation de près de 200 personnes et propose les activités suivantes : lecture de poésie, manifeste et lettre de Malala, hommage aux femmes assassinées ou intervention d’un rappeur, entre autres.

* Modèle d’apprentissage expérientiel qui allie apprentissage en classe et action bénévole au service d’objectifs communautaires, en vue d’insuffler aux étudiants le sens de l’engagement citoyen.

Votre projet a-t-il donné lieu à une production finale ?

Le projet a donné lieu à deux vidéos qui systématisent l’expérience :

https://youtu.be/oH50PPOYeYA

https://youtu.be/CpfISJNBHnc

Quelle est la stratégie de communication et de diffusion du projet ?

- La plate-forme unitaire contre les violences faites aux femmes a diffusé le projet au travers des réseaux sociaux et de son site Web.
- L’expérience a également été diffusée au travers d’une capsule vidéo, créée par le Centre promoteur d’apprentissage service : https://www.youtube.com/watch?v=dnG49N6r798
- Le projet a été divulgué dans le quartier au travers des organismes impliqués et de la création de « flyers » d’information, réalisés par les élèves.
- La mairie de Barcelona a diffusé l’acte de campagne célébré le Jour international des femmes dans sa programmation.
- Les élèves et les professeurs partagent leur projet lors de la Rencontre d’échange d’expériences éducatives transformatrices « Changer l’école pour changer le monde », célébrée en avril 2015 à Barcelone et organisée par le projet REDDSO.

 

Quels résultats et changements le projet a-t-il engendrés ?

Pour les élèves :
- Les élèves étaient au centre de l’action, ce qui implique une plus grande motivation et participation, pour que les apprentissages soient traités de façon à rapporter un bien à la communauté.
- Appliquer les apprentissages travaillés au préalable et parallèlement en cours permet aux jeunes de développer d'autres capacités : création de propositions, prise de décisions collectives, capacité de communiquer ce qu’ils ont appris à la population en général ou création d’activité au sein du quartier.
- Le projet a transformé les dynamiques de groupe, qui s’enlisent parfois, en donnant une place aux nouvelles expressions, et à augmenté le sentiment d’appartenance au territoire des jeunes.
- Le projet favorise l’empathie critique. Au travers de l’expérience acquise, les jeunes remettent en question leurs idées sur la violence faite aux femmes.

Pour l’établissement :
- Cela a suscité une réflexion critique et personnelle des enseignants qui ont participé au projet.
- Cela a fourni des outils co-éducatifs aux enseignants.

Pour la société :
- L’implication des différents agents sociaux du territoire a favorisé le changement et la transformation des comportements, pratiques et valeurs à différents niveaux (individuel, cours, collectifs).

Pour l’association :
- L’apprentissage service a permis de réaliser un travail à long terme.
- Le travail à long terme permet d’aborder en profondeur le problème de la violence faite aux femmes, de faire une évaluation constante et d’adapter l’intervention aux besoins détectés pendant le travail en cours.

 
Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans la mise en place de votre projet ?

- Difficultés pour s’adapter aux temps et rythmes de l’établissement scolaire.
- Il s’agit d’une expérience qui demande du temps et de l’implication à tous les établissements scolaires, or cela n’a pas été le cas car le besoin de réaliser le projet n’était pas assimilé par toutes les personnes de l’établissement.
- L’évaluation constante demande une plus grande disponibilité et coordination de tous les agents impliqués.
- L’implication des jeunes, filles et garçons, ne fut pas la même, c’est pourquoi il convient de penser à d’autres façons et voies pour atteindre le plus grand nombre de personnes et que toutes et tous se sentent au cœur de l’action.

 

Quels éléments ont facilité la réalisation du projet ?

- La durée de l’activité nous a permis d’aborder le problème de la violence faite aux femmes avec plus de profondeur que lors des activités ou ateliers ponctuels. De même, elle a permis l’évaluation constante et l’adaptation de l’intervention aux besoins détectés en cours.
- D’autres aspects fondamentaux sont la participation et le rôle principal assumé par les élèves tout au long de l'expérience.
- L’implication, la motivation et les apprentissages des élèves ont augmenté car il y a un apport à la communauté, dans notre cas, au quartier de la Barceloneta.

 

Quels sont les éléments qui relèvent le plus de l'éducation à la citoyenneté mondiale ?

- La violence faite aux femmes est une violation quotidienne et cachée des Droits de l'Homme ; elle existe et touche la moitié de la population mondiale.
- L’école est aujourd’hui une école globale et comme principal agent éducatif de l’enfance et de la jeunesse, elle doit réaliser les modifications opportunes pour répondre aux besoins sociaux du point de vue des Droits de l’Homme, qui englobent la liberté, l’égalité et le respect des autres personnes.
- La perspective co-éducative est une approche pédagogique qui mise sur le façonnage de personnalités qui soient le plus libres, justes et égales possibles et représente dans le contexte actuel, un outil de prévention indispensable contre la violence faite aux femmes.

 

Comment avez-vous évalué le projet pédagogique ?

Le projet a été évalué au moyen de séances participatives avec les élèves. Lors de ces séances, les jeunes ont noté le projet et ont mis l’accent sur les aspects à améliorer lors des prochaines actions. Pour évaluer l’impact de l’intervention, nous avons également réalisé des questionnaires personnalisés aux enseignants.

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